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livre 18

Mercredi 8 juillet 1942
Chère Kitty,
Depuis dimanche matin, on dirait que des années se sont écoulées, il s’est passé tant de choses qu’il me semble que le monde entier s’est mis tout à coup sens dessus dessous, mais tu vois, Kitty, je vis encore et c’est le principal, dit Papa. Oui, c’est vrai, je vis encore, mais ne me demande pas où ni comment. J’ai l’impression que tu ne comprends rien à ce que je te dis aujourd’hui, c’est pourquoi je vais commencer par te raconter ce qui s’est passé dimanche après-midi.
A trois heures (Hello s’était absenté pour revenir un peu plus tard) quelqu’un a sonné à la porte, je n’ai rien entendu parce que j’étais paresseusement étendue sur une chaise longue à lire au soleil, sur la terrasse. Margot est apparue tout excitée à la porte de la cuisine. "Il est arrivé une convocation de SS pour Papa, a-t-elle chuchoté, Maman est déjà partie chez M. Van Daan." (Van Daan est un ami et un associé de Papa).
Cela m’a fait un choc terrible, une convocation, tout le monde sait ce que cela veut dire, je voyais déjà le spectre des camps de concentration et de cellules d’isolement et c’est là que nous aurions dû laisser partir Papa. "Il n’est pas question qu’il parte", affirma Margot pendant que nous attendions Maman dans le salon. "Maman est allée chez Van Daan demander si nous pouvons nous installer demain dans notre cachette. Les Van Daan vont se cacher avec nous. Nous serons sept." Silence. Nous ne pouvions plus dire un mot, la pensée de Papa, qui, sans se douter de rien, faisait une visite à l’hospice juif, l’attente du retour de Maman, la chaleur, la tension, tout cela nous imposait le silence.

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